Forum de développement personnel

Autonomie du couple  

  RSS
(@delfa225)
Eminent Member

Un des problèmes les plus difficiles à résoudre par les jeunes gens qui s’apprêtent à fonder un foyer est celui du logement. Il est certain pourtant que l’autonomie matérielle et morale du couple — dès le mariage — est un facteur de réussite dont on ne peut pour ainsi dire jamais se passer. Quand il est impossible de choisir entre plusieurs solutions de logement, la sagesse commande d’adopter celle qui permet au jeune couple une vie tout à fait séparée des foyers dont il est issu, même s’il faut consentir, par ailleurs, à des sacrifices de confort ou de gains.

La vie conjugale doit être commencée autant que possible d’une manière indépendante. Lorsque deux êtres de tempérament, d’éducation, de goûts différents doivent vivre dans une intimité aussi totale que celle du mariage, l’adaptation ne se faire pas toujours sans quelques petites étincelles. S’ils vivent dans l’immeuble de leurs parents, ils entretiendront l’habitude de se tourner vers eux dès que la moindre divergence surgira. Et même s’ils ne sont pas toujours d’accord, il sera difficile au jeune couple de ne pas leur demander mille conseils. Celui qui aurait ainsi recours à ses parents risquerait alors de donner à son conjoint l’impression qu’il a simplement été recueilli dans sa belle-famille.

Même si le secret des petites difficultés conjugales est gardé jalousement, le fait de partager un lieu aussi fréquenté que la cuisine exposera à révéler certains goûts du conjoint que les parents n’approuvent pas. Ceux-ci penseront que de tels menus vont ruiner le foie ou l’estomac de leur pauvre enfant. Les quelques frais supplémentaires qui soulignent le charme des premiers mois de vie commune seront critiqués comme des extravagances, ce qui obligera à une économie plus salutaire pour la bourse que pour l’entente joyeuse des époux.

Il est préférable que toutes les leçons à apprendre en commun, toutes les expériences des jeunes ménages aient lieu sans témoins. D’abord, parce que les nouveaux époux se sentiraient quelque peu humiliés si d’autres s’apercevaient des heurts inévitables. Et surtout parce que les parents les verraient avec des verres grossissants ! Ils aiment leurs enfants, ils les ont probablement « couvés » pendant vingt ans et leurs petits ennuis leur paraîtraient intolérables. Naturellement, ils les attribueront au nouveau venu ou à la nouvelle venue et il n’en résultera que des froissements. Tandis qu’à deux, bien seuls, un bon sourire et deux baisers suffisent souvent à dissiper un malentendu.

Le fait de reconnaître comme désirable et presque indispensable l’autonomie matérielle du jeune couple n’empêchera pas certains auteurs comme Maurice Tièche de lui donner quelques conseils quant aux relations qu’il garde avec les deux familles respectives. » Notez bien, en effet, jeunes époux, que je ne vous engage pas à laisser vos parents de côté, à les voir rarement et à leur montrer moins d’affections. Leur cœur a besoin de votre tendresse et, bientôt, de celle des petits-enfants que vous leur donnerez. Mais marquez bien que vous êtes chez vous dans votre nouvelle demeure.

Sans doute, s’ils étaient un jour affligés par la vieillesse, la maladie, le deuil, vous leur porteriez secours avec toute votre sollicitude, mais de préférence sans aboutir à une cohabitation. Les personnes âgées supportent mal le va-et-vient de la jeunesse et la turbulence des enfants ; d’autre part, il serait regrettable de réprimer les rires, les chants et les cris des petits. Personne ne serait tout à fait heureux et, pour finir, la vie deviendrait pénible à tous. La distance, voyez-vous, présente trois grands avantages : elle empêche les disputes, elle entretient de doux souvenirs et elle avive la joie du revoir », conseil-il.

« Dès que vous être installés chez vous, souvenez-vous donc que votre premier devoir envers vos parents est de leur donner fréquemment de vos nouvelles, même brèves, si vous n’avez pas le temps de vous étendre sur les détails.

Vos parents ne demandent qu’à prolonger leur sollicitude à votre égard. Vous leur ferez donc plaisir en requérant leur avis de temps à autre ou en leur faisant part de petits problèmes que vous avez à résoudre. Mais qu’il soit entendu que les solutions qu’ils vous proposent ne sont pas des ordres et que vous restez libre, en dernier ressort, de faire ce que vous jugerez bon.

Ne vous irritez pas si vos parents continuent depuis longtemps à vous considérer comme leurs « petits ». Ils en ont tellement l’habitude ! Et puis, le monde d’aujourd’hui est parsemé de dangers qui n’existaient autrefois que sous une forme plus atténuée et ils les craignent bien plus que vous. Vos parents vous ont peut-être un peu gâtés ou même beaucoup.

Maintes fois, ils vous ont protégés, sortis d’un mauvais pas, allant jusqu’à supporter les conséquences funestes de quelques-unes de vos erreurs. Aussi avez-vous pris l’habitude de regarder à eux quand vous êtes en peine. Vu les difficultés actuelles de l’existence, vous avez compté peut-être sur leur aide pour votre installation matérielle. Il vous semble qu’ils vous le doivent ; et pourtant, l’autonomie financière du jeune couple est aussi souhaitable que celle de leur logement quoique les prix élevés des foyers et de la vie en général les rendent souvent incompatibles. Il y a des jeunes mariés qui poursuivent encore des études au moment du mariage et comptent sur une allocation mensuelle des parents. Cette pratique donne toujours lieu à des conflits, soit entre époux, soit entre les deux générations », il poursuit.

Dans ce domaine, d’autres circonstances moins graves, mais plus irritantes, peuvent se présenter. Prenons le cas d’un jeune homme ayant épousé une jeune fille élevée dans un foyer dont le standard de vie était supérieur à celui auquel elle peut prétendre après son mariage. Elle aura de la peine à s’adapter à cette nouvelle situation et aura l’impression qu’elle est tombée dans la pauvreté. Au lieu de s’y résigner courageusement, il est probable et naturel, dans une certaine mesure, qu’elle fasse appel à la générosité de ses parents pour lui permettre de conserver ses habitudes de jeune fille dans le domaine des dépenses. Alors, le mari va se considérer comme l’obligé de ses beaux-parents, même s’il fait de méritoires efforts pour subvenir aux besoins du ménage. La bonne volonté et l’esprit d’abnégation tiennent la clé de ses problèmes. Apprendre à renoncer à ce qui est inutile, telle est la leçon qu’on néglige trop souvent d’enseigner aux jeunes. Elle leur rendrait d’éminents services.

Encore un conseil : vous avez ou vous aurez des enfants. Vous pouvez les confier à vos parents, par exemple, pour une période de vacances, si vous avez la certitude qu’ils ne seront pas gâtés. Mais prenez garde que vos parents ne se fatiguent outre mesure malgré les joies que leur procure la présence de ces petits. Surtout, ne vous servez pas de vos parents pour vous débarrasser de vos enfants. Si vous dites : « Je peux bien partir huit jours en voyage et profiter de tel spectacle, ou accepter telle invitation, je donnerai les enfants à maman ! », vous êtes sur une pente qui peut vous entraîner, ainsi que votre mère, plus loin qu’il ne le faudrait. Qu’à l’occasion, elle vous rende ce service, parce que vous avez vraiment besoin de vous éloigner de la maison, c’est tout naturel. Mais il ne faudrait pas que cela puisse vous amener à prendre à la légère vos propres responsabilités.

Enfin, de près ou de loin, témoignez de l’affection à vos parents. Continuez à être tendre envers eux, pleins de prévenances et de sollicitudes. Vous obtiendrez ainsi trois résultats très précieux: vous leur donnerez de grandes joies, vous entretiendrez la fraîcheur de vos sentiments et vous offrirez à vos enfants un exemple dont vous recueillerez vous-mêmes les fruits lorsqu’à leur tour, ils quitteront votre foyer.

Source : Guide pratique d’éducation familiale de Maurice Tièche.

Plus d'articles sur : www.levouloir.com

RépondreQuote
Posté : 28/03/2016 4:46
Share:
  
En travaux

Veuillez Connexion ou Inscription