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Les besoins affectifs de l’enfant  

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(@delfa225)
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« Les besoins affectifs de l’enfant » est un article extrait du Guide pratique d’éducation familiale de Maurice Tièche.

Une des préoccupations essentielles de la future maman est la préparation d’un berceau. Ce nid qui abritera l’être fragile qu’elle aime déjà n’est jamais trop beau à ses yeux. Aussi, va-t-elle l’orner avec beaucoup de soins et d’amour. La vie presque animale des premiers mois de l’enfant donne facilement aux parents l’impression qu’il suffit d’assurer son confort matériel. Pourtant, ce berceau, qu’on devra d’ailleurs bientôt reléguer au grenier parce qu’il sera devenu trop petit, n’est pas la seule chose dont il faudra l’entourer.

Dès les premières semaines, le bébé en sortira plusieurs fois par jour pour trouver l’abri si doux des bras et des genoux de sa mère. Si son regard, s’élevant alors vers le visage maternel, y perçoit la tendresse d’un sourire, si, dès qu’il sait parler, il peut sans crainte raconter ses joies et ses peines, ce refuge merveilleux sera pour lui le berceau de sa pensée et de son cœur. Les enfants qui disposent pleinement de ce lieu de prédilection prospèrent beaucoup mieux que ceux qui en sont privés. Le docteur Spitz a étudié expérimentalement cet étrange phénomène. Il a reparti des poupons de moins d’un an en deux groupes : les premiers séparés de leur mère et confiés à des infirmières expérimentées pourvoyant à tous des soins maternels nécessaires, mais masquées, gantées et ayant reçu la consigne de ne jamais témoigner d’affection aux enfants. Le second groupe était constitué par des enfants ayant leur mère auprès d’eux.

Or, il a été constaté que pendant les premières semaines les enfants confiés aux infirmières progressaient plus et mieux que les seconds, mais que très vite les seconds rattrapaient les premiers et les dépassaient. On peut donc conclure de l’ensemble de toutes ces observations que l’amour maternel est un véritable aliment dont l’enfant a besoin autant que du lait dont il se nourrit et que l’absence de satisfactions affectives se traduit par un retard à la fois physique et intellectuel très marqué.

Après plus de trois mois de privations affectives, les symptômes observés sont très sérieux et se traduisent par la perte de l’appétit et du sommeil et par un visage sans expression. Au bout de cinq mois, les enfants sont méconnaissables, affaissés sur eux-mêmes, agités et tremblants. Ainsi, l’extrême privation de joues affectives dues à l’absence des mamans provoquait chez les enfants, dans un délai de trois mois, des changements tels que cinq mois d’efforts correctifs subséquents ne parvenais pas à les effacer. C’est qu’il y a entre la maman et l’enfant bien autre chose qu’une sympathie née des contingences. Il y a une identité de nature, un synchronisme des élans, une mystérieuse télépathie qui expliquent l’étonnant mystère du premier sourire, prémices de l’amour filial répondant à l’amour maternel.

Au-delà des bras de sa mère et du cœur de ses parents, l’enfant a besoin de trouver un autre berceau : le foyer familial, seul milieu qui convienne à ses progrès s’adapte à son âge, à ses possibilités, à sa fragilité première, le seul qui lui enseigne normalement l’art de vivre en société, de résister avec succès aux influences funestes de ce monde. Par malheur, il y a des foyers détruits par la mort, désunis par le divorce, déchirés par les querelles. Ce berceau-là est donc aussi très précaire.

Autour du foyer, il y a le village, la ville, la société en général qui doit protéger l’enfant, favoriser sa croissance, l’instruire, élargir son horizon, en d’autres termes en faire un citoyen utile.

Malheureusement, les bouleversements qui la secouent trop souvent, la course à l’argent et au plaisir qui l’absorbe lui font perdre de vue sa tâche constructive et l’amène à offrir à l’enfant l’exemple de l’égoïsme, du désordre et de la corruption.
Placé tour à tour dans ces différents berceaux dont aucun ne lui offre pleinement la sécurité et le bonheur, le petit de l’homme doit être prémuni contre les désillusions, dès sa plus tendre enfance, par une confiance souriante dans la Providence. C’est à ses parents qu’il appartient de lui donner cette espérance comme un viatique à travers toute son existence. Oui, ce dont l’enfant à besoin, plus encore que de son berceau d’osier ou de bois, des genoux de sa mère, du cœur de ses parents, du foyer où il vit, de la société qui le protège, c’est de la certitude d’avoir pour ami le Maître de l’Univers, dont les promesses de la vie éternelle et de bonheur ne décevront personne.

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Posté : 01/04/2016 3:13
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