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Comment j’ai réussi à décrocher mon job de rêve dès la sortie de l’école (en étant dépressive et avec un CAP pour seul diplôme)  

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(@elodie-de-zdb)
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Quand c’est arrivé, j’avais 20 ans, une phobie scolaire et aucune idée de ce à quoi une journée sans larme pouvait ressembler.

Adolescence difficile

On m’avait fait redoubler ma dernière année de collège quelques années auparavant, sous prétexte que je n’avais pas le niveau pour entrer en filière générale. Comme je suis de nature rebelle et que la décision de mon redoublement avait été prise avant même les épreuves du Diplôme National du Brevet, j’ai fait ce qui me semblait parfait pour prouver qu’ils avaient tous tort : j’ai obtenu mon brevet dès la première année, et j’ai donc redoublé pour rien.

Ah si, cela m’a permis de participer au voyage de classe en Italie l’année suivante.

Je rentrais donc au lycée, en seconde général, avec une année de retard. Je n’étais pas hyper sociable, mes amis étaient tous en dehors du lycée et avaient quelques années de plus que moi. Tout le monde travaillait, et moi j’échafaudais des plans diaboliques pour louper les cours. Je ne trouvais pas ma place, la seule vision de l’immense porte en bois du lycée au bout de la rue me donnait la nausée, je m’appliquais donc à m’infiltrer rapidement dans les couloirs pour pouvoir rayer mon nom sur la liste des élèves absents que chaque professeur devait accrocher sur la porte du couloir, pile entre le moment où ils l’accrochait et le moment où le surveillant passait les collecter…Un plan parfait, ni vu, ni connu.

Je sortais ensuite du lycée par une porte dérobée et entamais ma longue matinée d’errance. Je passais les heures à boire des cafés dans des bars à proximité en remplissant des carnets entiers de mots, de mon mal être, et de mes rêves. Je me rendais tout de même aux cours qui m’intéressaient le plus, et je suis donc passé en première littéraire, sans vraiment de difficultés.

En septembre 2000, j’entamais mon année de première. En octobre, j’arrêtais complètement les cours. En novembre, mon frère est venu me chercher pour m’inscrire dans un autre lycée. En décembre tout le monde s’est rendu à l’évidence : je n’y avais jamais mis les pieds.

Retour à l’école et descente aux enfers

Début 2001, j’ai commencé à aller donner un coup de main à ma sœur qui tenait alors un centre d’amincissement et ne pouvait pas vraiment embaucher quelqu’un. J’enfilais la blouse blanche d’esthéticienne et en me voyant dans le miroir, j’ai eu un déclic : j’avais trouvé ce que je pouvais faire. Pas ma passion, pas ma vocation, juste une solution plausible et à ma portée.

Je voulais travailler, gagner ma vie, et je me rendais bien compte que les petits boulots en restauration ou à faire la plonge le week-end ne me permettraient pas de faire une grande carrière. Je me rendais compte que sans aucun diplôme, sans aucun savoir-faire, ça allait être compliqué.

En septembre 2001, avec l’aide de mes parents, j’entamais un CAP esthétique sur deux ans, puisque je n’avais pas le BAC. L’école était réputée et située à 1h30 de ma famille en train. J’avais déjà 18 ans et me retrouvais avec des jeunes filles de 14 ou 15 ans, bien loin de mon monde et de ma vision de la vie.

Je passais donc le plus clair de ma première année dans mon studio, au bout de la rue de mon école et ne me présentais que pour passer les épreuves obligatoires. A l’époque, Internet était naissant, je n’avais pas d’ordinateur, et ma seule occupation consistait à compter mes antidépresseurs dans la boîte, à fumer beaucoup trop et à écouter de la musique en scrutant les murs, assise par terre dans un nuage de fumée, le dos à l’armoire, encore et encore.

Seulement, dans mon abysse de lamentations, j’avais trouvé un moyen de me raccrocher à la vie. Je voulais voyager, voir le monde. J’avais donc recouvert les murs de cartes postales : temples, plages, marchés, mer, citations inspirantes…Et je passais mes journées à les regarder.

J’en connaissais les moindres détails, j’étais capable de fermer les yeux et de pointer du doigt l’image qui me venait à l’esprit. Je recopiais les citations, les unes après les autres, dans mes carnets. Je pouvais m’occuper des journées, et des longues nuits, à réécrire ces phrases et à les lire à voix haute, à écrire des textes pour les commenter.

Je passais en deuxième année et le cycle continua. En février 2003, des problèmes de santé et une chirurgie m’obligèrent à arrêter complètement les cours pendant 3 mois et à rester alitée. Après de rudes négociations avec la direction de l’école, les professeurs acceptèrent de me faire parvenir les cours par courrier, j’arrivais donc à aller jusqu’au diplôme dans ces conditions, et à le décrocher, à la surprise générale.

Je ne voulais pas d’une vie ordinaire. Je le disais depuis toujours : la routine me donnait de l’urticaire, je me savais incapable de me rendre au même endroit, pour voir les mêmes gens et faire les mêmes choses pendant plusieurs années. Je décidais alors de poursuivre mes études avec une année supplémentaire en me spécialisant en management des unités bien-être, afin de multiplier mes chances de décrocher un poste de haut niveau.

Auto-sabordage

Cependant, je savais que la situation pouvait basculer à tout moment.

Jusqu’ici j’avais réussi à tenir le coup, mais serai-je capable de survivre à une troisième année toute seule dans ce studio, livrée à moi-même et à mes démons? Je décidais alors de rendre mon logement et de faire des trajets quotidiens, matin et soir, pour rester entourée et m’obliger à aller en cours : si on prenait le temps de me déposer à la gare le matin à l’aube, je me devais quand même de rentabiliser le temps et l’énergie que d’autres mettaient dans ma future réussite.

En bref, je m’auto-sabordais. Je faisais en sorte de ne pas avoir le choix, de faire ce qui serait bénéfique pour moi. Mes cartes postales recouvraient désormais mes cahiers et mes classeurs, et faisaient chaque jour le trajet avec moi.

Seulement voilà, j’ai toujours été une tête brûlée. Alors quand j’ai commencé à me dire au début du second semestre, vers janvier 2004, que j’en avais probablement appris assez et que je n’irai pas au bout de cette année de spécialisation, il ne m’a pas fallu longtemps pour tout envoyer valser.

J’ai décidé de provoquer ma chance.

Armée de ma volonté, de ma détermination, et de mon CAP esthétique, je commençais à chercher comment mettre à profit le métier que j’avais appris. Il était inconcevable pour moi à ce moment-là de ne pas y arriver. J’avais traversé le désert, goûté à l’enfer, je n’avais plus de larmes à verser tellement j’avais souffert, il fallait que cela serve à quelque chose. C’était mon moment de gloire, ma fierté qui était en jeu.

J’ai commencé à postuler aux quatre coins du monde, mais pas auprès de n’importe qui : j’ai postulé auprès des compagnies de croisières qui avaient des espaces bien-être, des SPA, sur leurs bateaux. Entre temps, Internet avait pris place dans nos vies, alors j’envoyais mes candidatures par email. Très simplement, je donnais mon nom, je disais que j’étais diplômée en esthétique cosmétique, motivée et disponible tout de suite, mais que je n’avais aucune idée de comment faire pour travailler pour eux, et je demandais qu’on veuille bien m’expliquer.

Et la magie se produit.

Un soir, en revenant des cours, j’ouvrais ma boîte email pour trouver une réponse :

« Bonjour mademoiselle, nous avons bien reçue votre candidature et votre profil nous intéresse. Je vous propose un entretien téléphonique pour vérifier votre niveau d’anglais et, si cela convient, nous avons un poste d’essai à vous proposer à bord de notre navire en Polynésie Française pour 3 mois, à pourvoir sous 15 jours. »

Je n’ai jamais hurlé aussi fort de ma vie.

J’ai passé le test sans difficulté, et j’ai embarqué 15 jours plus tard à Papeete, le 24 avril 2004 pour être précise. Je suis restée 4 ans dans cette compagnie en y gravissant les échelons. J’ai réalisé mon rêve : j’ai parcouru le monde, traversé l’Atlantique et entamée une carrière honorable.

J’avais réussi. Je ne m’étais pas battu pour rien. Je pouvais savourer ma victoire et être fière.

Je te raconte tout ça pour plusieurs raisons.

Premièrement, si tu galères dans ta vie aujourd’hui, que tu es dans un trou si profond que tu n’as pas encore touché le fond tellement tu te noies, il ne faut pas que tu oublis de regarder vers la surface, juste là, au-dessus de ta tête.

Ta vision sera trouble, tu auras mal au moindre mouvement, tu auras l’impression que le froid des profondeurs te tétanise et que tu ne peux plus bouger, tu ne verras que vaguement la lumière du ciel au-dessus, mais tu la verras.

Il faut absolument que tu mettes toute ton âme, toutes tes forces à imaginer ce qui se cache au-dessus de la surface, que tu saches exactement ce que tu veux y trouver quand tu sortiras la tête de l’eau et que tu te réfugies dans cette vision aussi longtemps que possible pour te sauver la vie en cas de gros coup dur.

Deuxièmement, ta victoire sera à la hauteur des épreuves que tu auras traversées, et même plus. Mais dans ton mal être, il faut que tu te battes. Même si c’est dur, même si c’est compliqué, même si tu as mille fois envie de tout foutre en l’air, de te foutre en l’air, raccroche toi à ton rêve, sabordes-toi, mets-toi des bâtons dans les roues pour t’obliger à avancer quand tu as des moments de lucidité. Ce sont ces petites éclaircies qui te permettront d’atteindre la surface pour reprendre ton souffle et vivre.

Ensuite, soit patiente. Qu’elle est longue l’attente de ce jour où enfin tu peux hurler ta joie, où enfin tu peux crier ta réussite et sentir cette boule de feu exploser en toi en vaporisant toutes les épreuves.

Mais qu’il est bon ce moment, qu’il est libérateur, que tu te sentiras vivante! Pour cela tu dois mériter cette victoire, tu dois te battre, une bouchée à la fois, jour après jour, heure après heure. Chaque minute compte, bats-toi. Toujours plus loin, un pas en arrière, deux pas en avant, c’est comme ça que tu atteindras la surface, que tu sortiras la tête de l’eau et que tu pourras hurler en te rendant compte que ton rêve est enfin là.

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Posté : 17/11/2017 5:25
(@le-bo-rat)
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J'ai lu ton histoire, c'est puissant d'espoir. Sa me donne envie de reconter une situation de vie. Bravo à toi ! Et sa montre aussi que tu peux être vraiment pas bien et avoir des petites choses où grande qui peuvent te dépasser et changer vraiment ta vie. Merci de ton histoire !!

RépondreQuote
Posté : 09/04/2019 10:51
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