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“La communication non violente au quotidien” de Marshall B. Rosenberg

Ce livre est un petit manuel à l’usage de ceux qui aimeraient découvrir et/ou mettre en application les principes de la communication non violente telle que développée par Marshall Rosenberg.

À propos de l’auteur

Docteur en psychologie, cet homme a grandi dans un quartier turbulent de Détroit. Il a travaillé à trouver un mode d’expression qui supprimerait la nécessité de la violence. C’est ainsi qu’est né le processus de la Communication non violente connue également sous le nom de communication Bienveillante.

Selon lui, la base de toute communication devrait être centrée sur la bienveillance. Son intention en créant cette approche était de trouver comment renforcer notre capacité à améliorer notre relation à autrui et à résoudre des différends dans un esprit de bienveillance.

Mr Rosenberg commente son ouvrage de cette façon : “Quand nous réussissons à entretenir la fluidité décrite dans ces pages – en exprimant sincèrement ce qui se passe en nous et ce que nous aimerions, ainsi qu’en écoutant les autres et ce qu’ils aimeraient de manière empathique-, j’ai constaté que nous pouvons goûter plus pleinement à la magie de la bienveillance. J’espère que, pour vous, ce livre y contribuera.”

Le langage de la bienveillance

Lorsqu’il décrit ce qu’est selon lui ce langage de la bienveillance, Marshall Rosenberg distingue d’un côté la communication non violente et la communication violente.

Dans la relation et la communication de non violence, la seule intention est de contribuer au bien-être de quelqu’un. En s’inscrivant dans une démarche de don, c’est un cercle vertueux qui se forme où la bienveillance est autant au bénéfice de celui qui donne que de celui qui reçoit. Celui qui donne jouit du plaisir et de la joie de contribuer au bien-être de quelqu’un, il gagne confiance en lui. Celui qui reçoit peut accueillir ce don sans aucune crainte, le coeur ouvert et confiant.

En revanche, quand cette relation est marquée par la contrainte, la peur, la culpabilité ou la honte, M. Rosenberg appelle cela la communication qui coupe de la vie. Il distingue 4 formes de cette communication dite violente:

  • La critique. Ce processus implique que l’autre a tort ou qu’il est mauvais. Il implique également les insultes, les reproches, le dénigrement, les diagnostics et les jugements.
  • Le déni de responsabilité. Ce type de communication contient des termes visent à faire croire que l’on n’a pas le choix, que l’on doit, ou qu’il faut. Exemple: “Il y a des choses que tu dois faire, qu’elles te plaisent ou non”
  • Les exigences. Il s’agit ici de toutes les demandes ou requêtes qui portent à croire qu’il pourrait y avoir une conséquence ou une punition à ne pas y accéder.
  • Les déclarations indiquant qui mérite une récompense ou une punition. Toute la communication qui amène à associer certaines actions à des récompenses et d’autres à des punitions est aussi une forme de communication violente ou qui coupe de la vie.

La communication non violente en 4 points

Ce que j’observe

Point 1: Ce qui se passe en moi

Pour commencer, il est essentiel de distinguer et de dissocier ce que l’on observe de ce que l’on évalue. Nous pouvons décrire ce que nous voyons et ce à quoi nous réagissons, mais sans y mêler notre jugement.

En mélangeant nos observations et nos évaluations, nous prenons le risque que les interprétations soient erronées et qu’elles dérapent vers des attitudes de défense.

Voici quelques exemples proposés par l’auteur pour mieux comprendre la différence entre une observation et une évaluation. Il suggère d’entourer les phrases dans lesquelles l’observation est bien séparée de l’évaluation:

 

  • Cette semaine, Julie est arrivée la première tous les jours

 

Il s’agit d’une observation exprimée sans mélange avec une évaluation

 

  • Georges parle trop

 

l’adverbe “trop” est une évaluation

 

  • Souvent, mon fils ne se brosse pas les dents

 

l’adverbe “souvent” est une évaluation

Ce que je ressens

Pour dire ce qu’il se passe en nous en relation avec ce que nous observons, nous avons besoin d’exprimer nos émotions. La communication non violente implique de prendre conscience de ses ressentis et d’être capable de les exprimer.

Pour cela il est indispensable de développer un vocabulaire affectif qui laisse paraître la palettes des émotions que nous pouvons ressentir. Les notions très générales “je me sens bien – je me sens mal” sont pointées par l’auteur qui nous invite à dépasser ces expressions généralistes qui ne disent pas ce que nous ressentons réellement.

Accepter la responsabilité de mes sentiments et de mes actions

Selon l’auteur, nous sommes nombreux à ne pas avoir appris à penser et à écouter nos besoins. En revanche, quand ces derniers ne sont pas satisfaits, nous avons plutôt appris à chercher des causes à l’extérieur de nous et à regarder ce qui ne va pas chez les autres.

Ainsi, le piège le plus commun est d’attribuer aux autres la responsabilité de nos émotions et de nos actes. La Communication non violente nous invite à prendre conscience, à exprimer nos besoins et à assumer la responsabilité de nos actes.

Exemples proposés par l’auteur pour évaluer si le sujet reconnaît sa responsabilité vis-à-vis des sentiments qu’il éprouve:

 

  • J’ai peur lorsque tu élèves la voix

 

Cette déclaration implique pour Rosenberg que seul le comportement de l’autre personne a suscité les sentiments du sujet. Pour révéler les besoins ou les pensées qui y contribuent, on pourrait dire “quand tu élèves la voix je prends peur, parce que j’ai besoin d’être rassuré sur ma sécurité”

 

  • Je suis en colère quand tu dis ça parce que je le prends comme une insulte

 

Le sujet se reconnaît comme responsable de ses sentiments

Point 2: Faire des demandes claires

La communication non violente implique donc de clairement identifier ses perceptions, ses sentiments et ses besoins, et de savoir les formuler clairement sans laisser entendre que l’autre a tort.

Au coeur de cette formulation, Rosenberg invite à employer ce qu’il appelle le “langage d’action positif”. Ce dernier consiste à formuler ce que nous voulons et non ce que nous ne voulons pas, et à y associer des actions concrètes.

Pour cela, l’auteur attire notre attention sur le fait que nous ne pouvons pas attendre des autres qu’ils fassent ce que nous voulons. En revanche, nous pouvons ouvrir un espace où nous nous attachons au cheminement qui permet d’aboutir à un résultat.

En effet la Communication non violente est plus un processus pour gérer les relations qu’un moyen d’obtenir des autres qu’ils se conforment à nos désirs.

Point 3: Ce qu’il se passe en l’autre

Dans la communication non violente, il est essentiel de rester présent à l’autre le temps qu’une relation d’empathie puisse s’instaurer. Cela implique que l’on habite vraiment cette présence sans pour autant interrompre le processus qui se met en place naturellement.

Les interruptions qui empêchent d’entrer en empathie sont très variées: conseiller, surenchérir, moraliser, consoler, raconter, clore la question, sympathiser ou interroger… Autant de moyens de reprendre la parole et l’attention de notre interlocuteur qui a seulement besoin d’être entendu. Au besoin, la paraphrase peut être un moyen de vérifier que nous avons bien compris ce que l’autre veut exprimer.

Point 4: Écouter la demande de l’autre

En ouvrant au maximum cet accueil empathique de l’autre, nous lui permettons de livrer ce qui se passe en lui pour éprouver finalement du soulagement.

En portant notre attention sur ce que l’autre observe et ressent, et sur ses besoins inassouvis, nous pouvons entendre ce qu’il attend de nous.

Libérée du jugement, la communication non violente nous apporte un moyen concret d’ humaniser nos relations.

Marshall Rosenberg conclut son livre en écrivant “Nous pouvons nous guérir mutuellement et découvrir à quel point il est délectable de se sentir humain. Plutôt que d’enfreindre, d’opprimer ou exploiter, nous savourons le plaisir de nous enrichir de nos différences et de partager les merveilles dont nous sommes chacune et chacun dépositaires”

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